Un entrefilet du Soleil, publié sur Cyberpresse aujourd’hui s’intitule Correspondances du RTC: fini les largesses, un titre qui peut porter à confusion. En fait, les correspondances ont toujours été exigées de manière très rigoureuse dans les autobus du RTC (plus que dans certaines sociétés de transport québécoises). Seulement un aspect du règlement était ignoré : une correspondance ne peut être utilisée sur le même parcours. Pourquoi? Probablement parce que cette partie du règlement, maintenant appliquée mécaniquement par le système OPUS, ne colle pas à la réalité de Québec.
Voici un exemple très commun sur le réseau du RTC : plusieurs des parcours les plus achalandés sont desservis par des autobus doubleurs qui n’effectuent pas le trajet au complet. Ainsi, vous pouvez monter à bord d’un Métrobus 800X vers Beauport qui terminera sa course dans le secteur D’Estimauville. Si vous souhaitez aller plus loin vous devrez nécessairement correspondre avec un 800 régulier. L’application rigide du règlement fait que deux billets sont maintenant nécessaires pour un seul voyage! Les usagers qui utilisent des billets doivent maintenant éviter les parcours raccourcis, que font-ils si l’autobus régulier est plein et passe sans s’arrêter?
Il est certain que quelques usagers (une portion minime) utilisaient les correspondances pour poursuivre leur trajet après une course rapide et économiser un billet. Est-ce un usage excessif ou plutôt une certaine forme de flexibilité du service? Pour être attrayant, le transport en commun doit être flexible et avantager la clientèle. Un automobiliste a tout le loisir de s’arrêter acheter une pinte de lait au dépanneur ou porter un enfant à la garderie et poursuivre sa route ensuite sans être pénalisé. Pourquoi pas un usager du transport en commun? L’application rigide du règlement, loin de corriger un problème d’abus, est plutôt liée aux contraintes d’un nouveau système de perception automatique qui ne comprend pas le gros bon sens.
C’est ça mettre un frein aux largesses?
La solution est de le modifier pour qu’en cas de doute, il avantage la clientèle plutôt que de la pénaliser. C’est simple, il suffit de changer le fameux règlement et de rendre un titre valide sur l’ensemble des parcours pour une durée de temps déterminée.
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