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29 juillet 2009 | Ailleurs

De grands chantiers routiers

Le ministère des Transports du Québec (MTQ) vient  de lancer deux chantiers majeurs dans la région de Québec : la réfection de l’échangeur Robert-Bourassa Charest et l’élargissement du pont Dominion qui mène au pont de Québec. On parle même du plus grand chantier routier des 25 dernières années! C’est toutefois l’automobile qui en ressort encore grande gagnante…

La réfection de l’échangeur autoroutier entre Robert-Bourassa et Charest, au coût estimé de 250 millions de dollars, nous rappelle comment le choix automobile peut être coûteux. Cette structure arrive à la fin de sa vie utile après seulement une quarantaine d’années, était mal conçue à la base et se révèle le théâtre de nombreux accidents. Le MTQ évoque également le très fort achalandage de ces structures pour justifier les travaux qui visent avant tout à améliorer la fluidité de la circulation automobile.

Avec une emprise de largeure comparable à un terrain de football et de nombreuses bretelles, l'espace gaspillé autour de l'autoroute Robert-Bourassa est considérable. Les travaux actuels ne permettront pas de le mettre à profit malgré la rareté croissante des terrains à Québec.

Avec une emprise de largeure comparable à un terrain de football et de nombreuses bretelles, l'espace gaspillé autour de l'autoroute Robert-Bourassa est considérable. Les travaux actuels ne permettront pas de le mettre à profit malgré la rareté croissante des terrains à Québec.

Un peu plus d’espace pour le transport collectif

Notons que ces deux projets accordent une place au transport collectif. Le cas du pont Dominion est intéressant. Il permettra d’aménager une voie réservée qui facilitera l’accès au pont de Québec par les autobus de la ST-Lévis ouvrant la porte au pôle d’échange inter-rives attendu depuis si longtemps! L’élargissement de l’autoroute Robert-Bourassa permettra également l’aménagement d’une voie réservée qui fait défaut depuis longtemps et bloque l’implantation d’un Métrobus dans ce secteur tout en limitant l’efficacité des express.

Certains bémols s’imposent. Le MTQ montre bien son parti de ne jamais réduire la fluidité automobile au profit du transport collectif. Cela signifie que pour que de nouvelles voies réservées voient le jour sur le colossal réseau autoroutier de la ville de Québec, il faudra ajouter systématiquement des voies et élargir les structures, ce qui est très long, coûteux et contreproductif. De même, en conservant la capacité du réseau, ou même en l’améliorant, pour les voitures, le choix du transport collectif devient moins attrayant.

La pertinence de l’utilisation des autoroutes par les autobus doit aussi être réévaluée. Le transport collectif se révèle davantage structurant lorsqu’il peut desservir des quartiers et des boulevards. Sur l’autoroute, il ne peut s’arrêter et desservir les secteurs traversées. Il a alors moins d’impacts sur le développement urbain. L’aménagement de voies en site propre sur des boulevards urbains permettrait au transport collectif de combiner plus efficacement rapidité et effet structurant sur le développement.

Ce Busway de la région parisienne montre un exemple d'infrastructure en site propre sur un boulevard urbain qui permet de maximiser l'effet struturant tout en assurant la rapidité du service

Ce Busway de la région parisienne montre un exemple d'infrastructure en site propre sur un boulevard urbain qui permet de maximiser l'effet struturant tout en assurant la rapidité du service

Changer l’approche de la mobilité à Québec

Finalement, ces projets routiers sont exorbitants, mais personne ne semble remettre en question la nécessité de dépenser autant d’argent dans le réseau autoroutier. À quand des dépenses d’une telle ampleur pour les transports viables? À ce prix, des investissements en transport collectif auraient pu avoir un impact beaucoup plus significatif sur la région que la simple réfection et la bonification de structures qui perpétuent la prédominance de la voiture… À titre d’exemple, le ministère aurait pu développer environ deux kilomètres de métro souterrain, une dizaine de kilomètres de tramway, un système de Busway d’environ 17 kilomètres comme celui projeté à Gatineau, c’est aussi 6 à 7 fois plus que les sommes prévu pour le réseau cyclable de la Ville de Québec au cours des dix prochaines années!

La réfection de ces autoroutes est également décevante dans la mesure où de nouvelles solutions de mobilité ne sont pas présentées. On conserve un aménagement autoroutier centré sur la voiture qui gaspille énormément d’espace. Cela alors que la Ville de Québec cherche à optimiser son territoire et à prendre un virage en faveur de la mobilité durable. Une belle occasion manquée…

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