Un accident tragique a coûté la vie à une piétonne de Québec ce matin. Il semble que le drame se soit déroulé lorsqu’une automobiliste a effectué un virage à droite à une intersection. Certains détails demeurent inconnus : la dame traversait-elle sur son feu piéton? L’automobiliste a-t-elle effectué un virage à droite au feu rouge?
Toujours est-il que cet accident est symptomatique de la place que nous accordons dans nos villes aux piétons par rapport aux automobiles. Un article publié cet automne dans le Soleil abordait cette question :
Selon le président de la Table québécoise de la sécurité routière, Jean-Marie De Koninck, on aurait tort de jeter la pierre trop rapidement aux piétons. Bien sûr, ces derniers sont souvent «délinquants» et ne respectent pas toujours le règlement en grillant allègrement les feux rouges et en traversant la rue où bon leur semble. Mais il faut garder en tête que les villes n’ont pas été conçues pour eux, mais en fonction de la reine automobile. «Quand on a construit la majorité des infrastructures routières dans les années 50 et 60, on ne pensait qu’à développer au coton. Il n’y avait pas de passages piétonniers. On disait “ils passeront quand il n’y aura pas d’autos”.
Cette attitude tout à l’auto ne semble pas entièrement révolue. Demandez à un piéton la manœuvre qui représente le plus de danger et il vous dira probablement le virage à droite au feu rouge, autorisé au Québec depuis 2003. Il semble d’ailleurs que le nombre d’accidents reliés soit en croissance. Pourtant, le nombre d’intersections où cette manœuvre est autorisée ne cesse d’être étendu, même en milieu urbain où plusieurs piétons circulent.
Sachant que les piétons sont les usagers de la route les plus vulnérables, il est essentiel de les protéger. C’est l’automobiliste et ses 2 tonnes d’acier qui est responsable du danger, même si les piétons peuvent enfreindre les règlements, il incombe au conducteur de redoubler de prudence. Malheureusement, plusieurs automobilistes effectuent un virage à droite au feu rouge sans même s’arrêter et vérifier si un piéton est engagé. C’est pourquoi cette manoeuvre en milieu urbain représente un danger et devrait être interdite. Il s’agit d’un élément insécurisant qui limite la pratique de la marche.
Sans connaître les résultats de l’enquête, une question demeure très préoccupante : pourquoi diantre le virage à droite au feu rouge est-il autorisé en face d’un centre d’hébergement et d’un CLSC? Pourquoi est-il parfois autorisé à proximité d’écoles?
Commentaire par Michel Monette le 10 février 2010 à 21 h 50
Je vois tellement de fois les automobilistes griller leurs stops sans même se soucier du piéton que je suis qui s’est avancé pour traverser. Je suis très prudent mais je me fais un plaisir de passer lentement devant ces fous du volant quand je vois qu’ils s’arrêtent étonnés de voir un piéton impertinent qui ne leur cède pas le passage. Je vis au Centre-Ville.
Commentaire par Fuzzy Bill le 10 février 2010 à 22 h 16
De ce que j’ai compris de l’accident, il semble que la conductrice n’a tout simplement pas vu la piétonne. Je remarque souvent autant en tant que piéton que conducteur prudent:
#1 L’automobiliste est roi au Québec, le civisme en automobile est un concept quasi abstrait. Les gens sont pressés d’aller chercher les kids à la garderie, d’aller diner, d’aller au travail, de revenir souper…
#2 La surveillance policière varie entre nulle et déficiente. Je n’ai même pas entendu parlé d’une histoire de contravention.
#3 Trop de panneaux différents, alors que je pense qu’il devrait y en avoir juste un: celui d’interdiction complète(implicitement pas de panneau = possibilité de virer à droite)
Je sais qu’en écrivant cela, je vais punir les conducteurs prudents et courtois (comme moi!) mais plus ça va et plus je pense que les Québécoi(se)s de la ville de Québec ne sont pas prêts à utiliser le virage à droite sur feu rouge.
Commentaire par Lawrence le 10 février 2010 à 22 h 24
C’est vrai que de pouvoir tourner à droite aux lumières rouges peut être dangereux pour les piétons, il y a quelques années, j’ai failli me faire renverser par un automobile qui avait décidé de tourner à la rouge, et qu’il n’avait même pas pris la peine de ralentir où d’arrêter avant de tourner, et de plus, il y avait le petit bonhomme qui flashait pour indiquer aux piétons qu’ils pouvaient traverser.
Commentaire par GILLES VIEL le 3 juin 2010 à 9 h 27
Parmi tous les commentaires faits sur le sujet piétonnier, il y a un article paru en avril 2005 par la journaliste Stéphanie Martin du Soleil, indiquant que dans la Capitale il est périlleux d’y marcher, périlleux d’être un piéton. Disons nous le pour dit; A et au Québec, la culture piétonnière des automobilistes québécois est le NON-RESPECT. Comparé au automobilistes des autres provinces, des États-Unis et de certains pays européen dit civilisés et respectueux des piétons, nous sommes au rang des impolis, des irrespectueux et c’est fort dommage. Si Anne Bourget est monté aux barricades lors des dernières élections municipales face au propos peu élogieux du candidat Labeaume concernant les automobilistes versus les piétons, c’est qu’elle fait l’autruche la madame. Comme piéton marchant dans la ville, il est toujours dangereux d’y circuler car vous avez 95% de vous faire passer dessus. Seuls quelques automobilistes civilisés en sont conscients. Il est dommage que toutes les personnes en pouvoir d’autorité (maire, conseillers, policiers, e mployés de la ville) n’en soient pas plus conscients et ne fassent rien pour que la culture piétonnière de la Capitale Nordique soit au même diapason que celle de nos voisins. Enfin, c’est peut-être une de nos caractérisitques spécifiques de la société distincte!