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Une ville plus verte, plus équitable, plus prospère
Le maire Labeaume présentait hier un volet de sa stratégie de développement durable axé sur la protection des sources d’eau potable de la ville. L’aspect intéressant est que la lutte à l’étalement urbain est ciblée comme le moyen le plus efficace et le moins coûteux pour conserver la qualité de l’eau.
La volonté de freiner l’étalement urbain au nord et d’opter pour une densification des secteurs au sud mérite d’être salué, même s’il faut être prudent avant d’y voir la fin du rêve américain (plusieurs villes très américaines protègent leur ceinture verte et optent pour la densification. New-York, ville très dense, a une stratégie agressive de protection de ses sources d’eau tout en incarnant le rêve américain). Si M. le maire est catégorique sur le respect du périmètre urbain en aval des prises d’eau potable, rien ne laisse présager que les bungalow cesseront de pousser ailleurs sur le territoire. Reste à espérer que les nouveaux secteurs seront au moins mieux conçus et desservis convenablement par le transport collectif.
L’administration municipale a maintenant un beau défi sur les bras : vendre la densification aux citoyens.
Un premier pas important, avant de se lancer dans toutes les directions, est de mener à terme la revitalisation des secteurs de Pointe-aux-Lièvres et de D’Estimauville. Cela fait plusieurs années que ces projets sont attendus et il est essentiel d’y canaliser les efforts municipaux et privés afin que ces écoquartiers se réalisent à la hauteur des attentes. Le développement de ces deux espaces quasi-vacants permettra de consolider le cœur dense de Québec.
Par contre, la revitalisation de ces deux secteurs, qui ont un potentiel de 3300 unités de logement selon la Ville, doit être priorisée avant que d’autres zones soient ouvertes pour des développements similaires. La croissance démographique annoncée de Québec d’ici 2031 est faible et on peu craindre que l’éparpillement dans trop de secteurs produise des résultats décevants.
Pour ce qui est de la densification douce, il s’agit d’un processus normal dans une ville pour peu que le zonage ne l’empêche pas. On ne peut pas forcer un propriétaire à densifier sa propriété, mais il peut y trouver son compte. Il n’existe surtout pas de solution unique que l’on peut reproduire partout dans la ville, d’où l’importance de proposer aux citoyens des modèles intéressants et profitables : maisons intergénérationnelles, jumelés, ajout d’un étage, maisons en rangée, recyclage de bloc de type walk-up…
La clé d’une stratégie de développement durable à Québec repose toutefois sur une stratégie cohérente de mobilité durable. Il s’agit d’une faiblesse importante dans la région. Il faut sortir du cercle vicieux entre l’étalement urbain et dépendance à la voiture qui provoque la destruction des milieux naturels. Il faudra toutefois attendre le 10 juin pour en savoir plus à ce sujet, moment où le plan de mobilité durable sera dévoilé.