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Le vélo s’invite encore dans l’actualité

Les conflits entourant le partage de la route entre cycliste et automobiliste défraient les manchettes depuis ce printemps et le sujet semble loin de se tarir. Le Soleil lançait par son article «À vélo dans le trafic de Québec: ça joue dur» un débat insoluble et suscitant davantage de blâmes que de recherche de solution, mais qui a tout de même permis de faire ressortir certains points intéressants dans le carrefour des lecteurs.

Voici un texte d’Accès transports viables publié en réaction:

En attendant la force du nombre…

Le débat sur le partage de la route entre cyclistes et voitures fait rage à Québec. Il est de bon ton de mettre la faute autant sur l’un que sur l’autre. Pourtant, dans les faits, la situation n’est pas égale par la nature même des véhicules impliqués.

Une auto, c’est une tonne de métal et c’est cette tonne de métal qui fait plus de 500 morts et 2500 blessés graves au Québec année après année. Un vélo, dans le pire cas, ça fait une bosse sur une carrosserie ou ça blesse un piéton, mais ça ne tue que très, très rarement!

Cette différence de poids, la tonne de métal entre nos mains quand nous sommes au volant, implique nécessairement un niveau de responsabilité plus élevé. Quand un cycliste brûle une rouge, il est stupide et se met en danger. Quand un automobiliste brûle une rouge, il est stupide et risque de se tuer, de tuer un autre automobiliste, un cycliste ou un piéton.

C’est pour cette raison, au nom du principe de protection des usagers les plus fragiles, qu’il faut adapter nos villes et nos règles pour discipliner prioritairement l’automobile. Pourquoi? Une ville, ce n’est pas une autoroute, c’est un milieu de vie. Des milliers de gens, des enfants et des personnes âgées y habitent, y marchent et y font du vélo.

Plus fondamentalement, au-delà des règles et des chicanes, la meilleure politique pour diminuer le nombre d’accidents, les chiffres partout dans le monde le prouvent, est d’augmenter le nombre de cyclistes et de piétons. Plus il y en a, moins il y a d’accidents graves : la force du nombre les rendant plus visibles et plus… respectés.

Et un autre de Promo-Vélo:

Une tape dans le dos plutôt que de les coincer

En réaction au texte «À vélo dans le trafic; une caméra dans l’angle mort» du journaliste Samuel Auger - Que ce soit lors d’un déplacement vers le travail ou pour faire des courses, c’est l’espace résiduel de la chaussée que nous, cyclistes, utilisons, soit celui qui n’est pas utilisé par les piétons, les automobiles, les bus, ou les voiture stationnées… ce qui n’est ni confortable, ni constant (cet espace n’a pas la beauté de la promenade Samuel-de Champlain, mais son tracé est direct).

Nous nous permettons donc de formuler une demande aux usagers de la route de respecter cet espace sur lequel nous circulons puisque, lorsque vous enfourcherez votre vélo, vous serez heureux de pouvoir en bénéficier aussi.

Si ce n’est pas votre cas, pensez alors que nous prendrions encore davantage d’espace chacun à bord d’une voiture: selon le comptage effectué par Promo-Vélo en 2008, c’est 1600 cyclistes qui se déplacent sur le couloir est-ouest, de la Colline parlementaire à Sainte-Foy à l’heure de pointe du matin, ça en ferait des «machines»!

La question n’est donc pas de savoir qui d’entre les automobilistes ou les cyclistes sont les plus délinquants, mais plutôt d’insister sur le fait que les cyclistes, bien que des lignes ne leur soit pas toujours désignées, ont droit comme les autres d’utiliser la chaussée. D’ailleurs, on devrait peut-être leur donner une tape dans le dos, plutôt que de les coincer entre les véhicules et le trottoir. Ce débat interroge le choix des mesures visant à renforcer la sécurité des cyclistes… l’obligation de porter un casque réglera-t-elle vraiment le conflit à la source?

David Desjardins, du Voir, y est également allé d’un éditorial senti où il s’interroge sur la multiplication des cas d’intimidation envers les cyclistes dans la région.

Les différentes opinions sont souvent très tranchées, voire enflammées. Qu’un mode de transport aussi discret, qui consomme peu d’espace et n’entraîne peu ou pas d’impacts sur l’environnement puisse susciter autant de réactions dépasse l’entendement. Pourquoi le concept pourtant simple de partage de la route semble si difficile à mettre en pratique?

2 commentaires en réponse à ce billet

  1. L’opposition antipathique entre cyclistes et automobilistes, très forte à Québec, ne s’applique, à mon avis, qu’à certains de ces derniers.
    En gros, je soupçonne que ce sont souvent des gens qui ne s’aiment pas, ayant mauvaise conscience de leur gros ventre ou de leurs jambes grêles.
    Ils sont jaloux de ceux qui osent se prendre en main, qui refusent l’avachissement de leur corps, et ragent d’en voir d’autres revenir à vélo du boulot.
    Les gens qui aiment le vélo et en font, même si ce n’est pas régulièrement, respectent en général l’effort physique nécessaire pour se déplacer de cette façon.
    Par conséquent, ils ont moins tendance à se comporter comme des lâches ou des sauvages lorsqu’ils sont enfermés dans leur boîte de métal.

  2. “Un vélo, dans le pire cas, ça fait une bosse sur une carrosserie ou ça blesse un piéton, mais ça ne tue que très, très rarement!”
    Ouf! en ma qualité de piéton, cela ne me rassure pas du tout de me trouver sur le même plan qu’une bosse sur une carrosserie. Je trouve cela plutôt macabre et méprisant. Ce n’est pas parce qu’on n’a pas encore signalé de décès qu’il faut balayer les dangers du revers de la main. Des personnes ont été blessées gravement, certaines ont subi des traumatismes crâniens, parfois avec coma de plusieurs jours ou semaines. Pour la victime, ce peut être un drame qui a des répercussions graves sur sa vie et son autonomie. Et pour la société, c’est une perte de talent et d’argent.

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