Le transport en commun est un investissement. Il apporte des retombées positives en terme économique, social et environnemental. Le tramway est le mode de transport lourd le plus adapté à l’échelle de Québec. Vrai. À condition que ce soit bien … [+]
Une ville plus verte, plus équitable, plus prospère
Une intéressante série d’articles consacrée à l’aménagement urbain dans Le Devoir abordait samedi la place des piétons dans la ville de Québec. Il en ressort qu’il reste beaucoup de travail à abattre pour faire de cette ville, et particulièrement dans les endroits moins touristiques, un environnement agréable pour les usagers des modes de déplacement actifs. Si la ville souhaite rendre la mobilité des ses habitants plus durable, c’est pourtant par là qu’il faut commencer: priorité piéton. Sans environnement de marche agréable, l’accès au transport en commun est limité, voire pénible, et les déplacements de proximité (pourtant très propices aux transports actifs) sont effectués en voiture, faute d’un cadre invitant.
Voici un extrait de l’article présentant une illustration célèbre de cette problématique: le boulevard Laurier…
«C’est désagréable, dangereux, et en plus, ce n’est pas beau, dénonce Mme Demers. Quand on pense que c’est ce que voient les touristes quand ils arrivent!» Pour la chercheuse qui collabore à la nouvelle chaire en mobilité durable de l’École polytechnique, les solutions sont simples: donner plus de temps aux piétons pour traverser la rue et élargir les trottoirs. Tout près de notre illustre coin de rue, on peut d’ailleurs constater que les piétons ont dû marcher sur le gazon pour se faire une place.
«À Québec, c’est comme si les trottoirs étaient dans le chemin!» Certes, la capitale a accompli beaucoup ces dernières années pour améliorer la qualité de vie des piétons au centre-ville et dans des zones récréatives, comme la promenade Samuel-De Champlain et les berges de la rivière Saint-Charles, par exemple. Mais la réalité des travailleurs au quotidien est tout autre.
Pour changer la dynamique, Mme Demers suggère aussi qu’on crée des espaces publics avec des bancs au milieu des avenues, comme on l’a fait sur l’avenue Broadway en plein coeur de New York. Un modeste projet-pilote qui a connu un grand succès, d’après des résultats présentés en 2009 au colloque international Walk 21. «À New York, j’ai été frappée de constater à quel point les trottoirs étaient plus larges qu’ici.»
Ainsi, malgré son cachet européen, la ville de Québec est le paradis des automobiles, avec le record canadien du plus grand espace réservé aux automobiles par habitant. Et ce, loin devant des villes américaines et industrielles comme Pittsburgh. Le problème ne s’arrête donc pas aux limites des trottoirs. [...]
Cet article nous amène aussi à nous questionner sur les feux piéton présents en grand nombre aux intersections dans la Capitale. Il est parfois nécessaire d’attendre de longues minutes le feu prioritaire après l’activation du bouton (souvent plus d’un cycle de lumière) et celui-ci est souvent très bref. Les piétons excédés traversent même fréquemment la chaussée avant l’apparition de leur “bonhomme”. On constate que cette signalisation semble davantage conçu pour éviter de nuire à la circulation des voitures plutôt que de favoriser la marche.
Commentaire par Bruno le 16 août 2010 à 12 h 26
Excellent article. Il est temps qu’on en parle.
Ce que je trouve le plus aberrant à Québec/au Québec, par contre, c’est le non-respect des traverses-piétons à bandes jaunes…seulement une fraction des automobilistes québécois les respectent; c’est à se demander comment plusieurs ont pu obtenir leur permis. Partout ailleurs en Amérique du Nord (ou dès qu’on se rapproche des lignes américaines - question de mentalité/culture sans doutes), les traverses piétionnières y sont respectées on-ne-peut-plus naturellement.
Le véritable problème en est un de mentalité, mentalité qu’il faut changer. Ce n’est pas une question d’augmenter les secondes au compteur de la traverse, mais d’éduquer automobilistes, cyclistes et piétons et leur rappeler des règles élémentaires du Code de la route.
Il y a plein d’intersections à Québec où il serait plus facile de donner priorité aux piétons à la lumière verte, comme à Montréal par exemple, plutôt que d’interrompre le flot naturel de la circulation pendant 20/25 secondes pour une traverse qui n’en dure que 10 ou 15. La personne handicapée ou âgée n’aura qu’à prendre son temps et l’automobiliste n’aura qu’à faire preuve de civisme et d’attendre son tour! Cela dit, maintenir les traverses à compteur aux intersections les plus achalandées reste la meilleure solution et augmenter le temps de traverse est souhaitable, bien que je ne crois que ce soit un problème généralisé dans la Ville.
Commentaire par Bruno le 16 août 2010 à 12 h 35
Autre chose:
Si on espère un jour guérir les citoyens de Québec de leur dépendance à l’automobile, il faudra que l’offre des transports en commun soit adéquat, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui dès que l’on sort du centre-ville, de Sainte-Foy ou des lignes Métrobus. Les fréquences de passage en banlieue nous font souvent croire que l’on vit dans un village plutôt que dans une ville de 800 000 personnes. Ça c’est sans compter le manque de liens entre les deux rives…