Le transport en commun est un investissement. Il apporte des retombées positives en terme économique, social et environnemental. Le tramway est le mode de transport lourd le plus adapté à l’échelle de Québec. Vrai. À condition que ce soit bien … [+]
Une ville plus verte, plus équitable, plus prospère
La réaction des commerçants de l’Espace Cartier, inquiets de la possibilité que le boulevard René-Lévesque soit transformé pour y inclure une piste cyclable, est prématurée. Ce genre de manifestation n’apporte rien de constructif à une problématique bien réelle : les vélos et les autobus doivent passer quelque part et il n’est pas possible d’inventer de nouvelles routes. Le statu quo n’est pas acceptable, la circulation des autobus n’est pas suffisamment fluide et les cyclistes roulent dans des conditions dangereuses.
Le boulevard René-Lévesque est une artère importante dans la région, tout particulièrement au niveau du transport collectif. La Ville de Québec souhaite favoriser la mobilité durable sur son territoire en multipliant par deux l’utilisation de l’autobus et par 3 la part du vélo. Le boulevard René-Lévesque par son caractère stratégique pour desservir l’axe Sainte-Foy Centre-ville est appelé à jouer un rôle majeur au plan de la mobilité durable.
Paradoxalement, les commerçants craignent de perdre en accessibilité si des cases de stationnement sont retirées et le boulevard converti en sens unique pour les voitures. Pourtant, ces transformations visent à accroître la quantité de personnes transportées dans le secteur et à le rendre plus convivial! Des mesures généralement profitables pour les commerces. Parlez-en aux commerçants de la rue Saint-Jean qui accueillent chaque année avec plaisir la piétonnisation de leur rue.
Rappelons que dans un rayon de 300 mètres, une transformation complète du boulevard ne retrancherait qu’une cinquantaine de cases de stationnement. Les personnes qui fréquentent la rue Cartier sont aussi enclines à marcher. C’est un des seuls secteurs de la ville où il y a plus d’usagers du transport en commun et de marcheurs que d’automobilistes. Même au centre d’achat, les clients ne s’attendent pas à être stationnés à la porte du magasin, on y marche parfois sur des centaines de mètres.
Les propositions présentées dans le Plan de mobilité durable de la Ville de Québec sont encore embryonnaires et incomplètes à certains égards. Il est nécessaire de les discuter collectivement et de les bonifier. Les commerçants de l’Espace Cartier, plutôt que de forcer l’immobilisme, devraient apporter des suggestions constructives qui favoriseraient la mobilité durable. Il est dommage qu’un enjeu local paralyse un axe important pour le développement des transports collectifs et actifs dans la région.
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