Le transport en commun est un investissement. Il apporte des retombées positives en terme économique, social et environnemental. Le tramway est le mode de transport lourd le plus adapté à l’échelle de Québec. Vrai. À condition que ce soit bien … [+]
Une ville plus verte, plus équitable, plus prospère
La séance de consultation sur l’aménagement d’un lien cyclable entre l’Université Laval et la colline Parlementaire s’est tenue hier au centre des Loisirs Montcalm devant une salle comble. Malgré certains échos négatifs dans la presse, la séance publique s’est relativement bien déroulée, quoiqu’elle ait été houleuse par moment. Il fallait s’y attendre, les commerçants ont été nombreux à assister à la présentation pour majoritairement signifier leur opposition à la disparition du stationnement sur René-Lévesque.
C’est toutefois loin d’être le seul point de vue qui a été exprimé. D’une part, les responsables de la Ville de Québec se sont présentés avec un dossier beaucoup plus fouillé que ce qui avait été dévoilé en juin: études sur les places de stationnement, propositions de configuration des voies de circulation, données sur l’achalandage du RTC dans ce secteur et sur la vitesse des autobus…

Les propositions d'insertion de la piste cyclables présentées lors de la consultation étaient beaucoup plus intéressantes, notamment celle-ci avec les vélos en rive et le transport collectif au centre. Il est simplement dommage qu'on n'ait pas poussé l'exercice jusqu'au bout et intégré le tramway à cette vision tant qu'à remodeler complètement cette artère.
Ce qu’on en retient, c’est que lien cyclable ou non, les espaces de stationnement entre Salaberry et Bourlamaque seront éliminés du côté nord puisqu’ils nuisent à la circulation des autobus. Sur le tronçon à l’ouest de Bourlamaque, le concept de boulevard vert vise à créer une voie de circulation qui met de l’avant le transport collectif et les transports actifs. Accès transports viables, comme plusieurs participants présents hier, est d’avis qu’il s’agit d’une vision d’avenir audacieuse et inspirante. Elle aura probablement des impacts sur la circulation en voiture, mais au final, plus de gens pourront emprunter le boulevard qu’à l’heure actuelle en utilisant davantage le transport en commun et le vélo.
Il serait d’ailleurs nécessaire de réfléchir à l’implantation d’un tramway dans ce corridor afin d’y accroître massivement l’offre de transport (considérant qu’une voie de tramway transporte l’équivalent en nombre de passagers de 4 voies utilisées par des voitures). Cette réflexion semble laissée de côté pour le moment, alors qu’elle nous semble aller de soi. Cette augmentation de capacité permettrait également de remettre en perspective la perte d’une cinquantaine d’espaces de stationnement pour les commerçants du secteur Cartier et de moins de 500 sur l’ensemble du tracé entre l’Université et le centre-ville… La mobilité durable est définitivement le seul moyen d’assurer et d’augmenter l’accessibilité du secteur Cartier à long terme, on ne peut pas inventer de nouvelles voies de circulation et l’espace pour y aménager du stationnement est rare.
Lorsque l’on se prononce sur ce sujet, il importe de se projeter dans l’avenir plutôt que de penser à court terme. Si de meilleures infrastructures existent, beaucoup plus de gens utiliseront les transports viables. Le Plan de mobilité durable comporte la cible de doubler la part modale du transport collectif et du vélo. Cela implique nécessairement que l’importance de la voiture, et du stationnement, sera beaucoup moindre dans l’avenir. Les commerçants de Cartier en souhaitant le statu quo feront-ils en sorte que tout ce secteur restera en marge de la mobilité durable et manquera le train? Ils en seraient malheureusement les premiers perdants.
Commentaire par Benoit Cyr le 29 septembre 2010 à 15 h 20
Ce qui est désolant du débat d’hier, c’est que personne n’a pris le temps de rappeler que le Plan de Mobilité durable vise à trouver des solutions aux défis de transport pour les 20 prochaines années. Ce qui implique de faire face à la densificaiton de la Ville, à l’augmentation du nombre de déplacements urbains, sur fond de pénurie de pétrole et de lutte aux changements climatiques ! Les citoyens, les commerçants, et les responsables de la Ville doivent réaliser que l’Auto-solo et les places de stationnement sur René-Lévesque ne sont plus une solution viable aux défis à venir. En tenant compte de ces éléments, le vélo apparaît beaucoup plus attirant, le symbole d’une petite révolution dans les visions et les mentalités des citoyens de la Ville !!
Commentaire par Juan Altitude le 29 septembre 2010 à 15 h 54
Bravo Québec,
Un beau projet qui a de quoi rendre jalouse Montréal !