Articles récents

Commencer par le commencement

Diriger Québec vers la mobilité durable implique des choix. Certaines conditions s’avèrent nécessaires pour s’assurer que le travail entrepris débouchera sur une ville plus verte, plus équitable et plus prospère.

1. Reconnaître les limites de la solution automobile

Notre dépendance à la voiture n’est pas viable. Ce mode de transport est très gourmand en pétrole, un combustible qui se raréfie et pour lequel notre insatiable soif nous rend dépendants des pays producteurs.

La multiplication des voitures, dont les prévisions n’anticipaient pas l’ampleur, met également une énorme pression sur nos infrastructures routières. Celles-ci se dégradent et il faut les réparer à coup de centaines de millions. Par ailleurs, un réseau pouvant desservir une agglomération d’un million d’habitants est maintenant victime de la congestion.

L’usage de l’automobile cause de sérieux problèmes environnementaux dont nous prenons de plus en plus conscience : pollution atmosphérique et multiplication des épisodes de smog, coûts de santé liés aux accidents comme à la pollution de l’air, sans oublier les émissions de gaz à effet de serre qui entraînent des changements climatiques menaçant notre cadre de vie à long terme.

Les autorités, autant politiques qu’administratives, doivent reconnaître que l’omniprésence de l’automobile constitue un problème auquel il faut s’attaquer sans tarder.

2. Fixer des objectifs clairs

La mobilité durable est incompatible avec l’usage exclusif de l’automobile. Pour changer notre façon de se déplacer, il importe d’abord de se donner les moyens de diminuer notre dépendance à l’automobile.

Pour que les actions soient cohérentes et les changements réels, il faut se fixer collectivement des cibles précises à atteindre en termes de mobilité durable. Ces indicateurs permettent d’orienter les stratégies pour la région de Québec. :

  • Diminuer les kilomètres parcourus en automobile.
  • Diminuer le taux de motorisation.
  • Augmenter la part modale du transport collectif sur 24 heures.

3. Accepter de réduire la place de la voiture

Pratiquement toutes les voies du réseau routier de la région sont consacrées à la circulation automobile. Pour développer les transports collectifs et actifs, il est nécessaire de rééquilibrer l’espace consacré à chaque mode sur nos routes et diminuer la part de l’automobile.

Construire de nouvelles routes pour assurer la fluidité de la circulation est une erreur que nous avons souvent commise par le passé dans la région de Québec. Une capacité routière excédentaire entraîne la multiplication des déplacements en automobile. Faire le choix des transports collectifs et actifs pour Québec implique nécessairement de revoir l’aménagement des artères et des rues de la ville, en plus de remettre en question certaines parties du réseau autoroutier. Il faut civiliser l’automobile et arrêter de lui concéder tout l’espace public.

4. Assurer un financement adéquat

Afin de ne pas laisser les projets favorisant la mobilité durable sur les tablettes et pour que ceux-ci puissent modifier les habitudes de déplacements de la région métropolitaine de Québec, des ressources importantes doivent être débloquées. Uniquement pour rattraper le retard en matière de transport collectif, quelques milliards de dollars seront requis au cours des prochaines décennies.

Pour obtenir des fonds importants, il faut impliquer les gouvernements fédéral et provincial, qui investissent déjà dans les projets de transport collectif. La politique québécoise en cette matière implique des investissements importants au cours des prochaines années. Pour obtenir des fonds, il faut que la région soumette des projets, sinon les sommes seront dépensées dans des villes qui osent.

Pour assurer le succès à long terme, nous devons réfléchir à des sources de financement dédiées aux transports collectifs et actifs. Plusieurs avenues sont possibles, mais les automobilistes doivent faire leur part afin de corriger les problèmes créés par la trop grande utilisation de la voiture : taxes sur l’essence, sur l’immatriculation, sur l’utilisation des autoroutes, sur le stationnement?

Au final

La région de Québec doit se mobiliser pour développer le réflexe des transports collectifs et actifs. La ville ne peut devenir un exemple de mobilité durable par un coup de baguette magique, un long chemin reste à parcourir : la population, les élus et les acteurs devront prendre des positions courageuses en faveur d’un changement de modèle.


Accès transports viables © 2010