La mobilité durable constitue l’approche à privilégier pour faire face aux problèmes reliés aux différentes façon de se déplacer sur le territoire. Nos positions se basent sur trois grands volets, soit l’aménagement à échelle humaine, le transport collectif efficace dans toute la ville et les transports viables au cœur du développement urbain.
Aménagement à échelle humaine
Une école, une caisse populaire, quelques commerces, des maisons et des enfants qui jouent dans la rue: c’est l’image du quartier habité traditionnel, tel que nos souvenirs le dessinent. Une image fort éloignée de la plupart des quartiers bâtis depuis cinquante ans, devenus presque exclusivement résidentiels et où plus rien ne se fait à pied. À l’opposé, l’image actuelle du centre-ville est hérissée de grattes-ciel miroitants et imposants, de rampes autoroutières où une circulation intense s’entasse et de gens affairés qui ne font que passer sur les trottoirs le matin et au retour du travail.
Aménager à échelle humaine signifie trouver un équilibre entre les différentes fonctions pour favoriser la mixité des fonctions : le résidentiel, l’institutionnel, le commercial et même l’industriel sans nuisance peuvent cohabiter et rendre un quartier vivant. Ce principe d’aménagement repose également sur une densité élevée, à l’image des quartiers anciens comme Limoilou, Montcalm ou Saint-Jean-Baptiste, construits avant l’avènement en masse de l’automobile, qui conservent un gabarit de quelques étages. Cette densité est essentielle pour assurer la viabilité des services de proximité et offrir des conditions propices pour le développement efficace des transports collectifs et actifs.
Transport collectif efficace dans toute la ville
L’attrait du transport collectif repose en partie sur son efficacité et sa fréquence. Pour qu’il soit utilisé dans l’ensemble de l’agglomération et qu’il devienne le mode de déplacement principal des citoyens il doit circuler à haute fréquence (au moins aux 15 minutes en tout temps) sur un réseau en site propre qui assure une vitesse commerciale élevée et se déployer dans l’ensemble de la ville et même à l’échelle métropolitaine.
Les infrastructures en site propre sont au transport en commun ce que l’autoroute est à la voiture. Un site propre offre la priorité de passage, est exclusivement utilisé par les véhicules de transport collectif et permet de transporter rapidement un grand nombre de passagers. Les efforts des dernières décennies ont été dirigés vers le réseau routier supérieur qui dessert maintenant avec une efficacité redoutable tous les secteurs de la ville, mais pratiquement tout reste à faire pour le transport collectif.
Les infrastructures dédiées au transport en commun ne relèvent pas de la même logique que les autoroutes, elles s’arriment à la ville, participent aux quartiers, créent des nœuds de rencontres et de contacts et prolongent l’espace public. C’est pourquoi il ne faut pas tenter de comprimer le transport collectif dans une logique autoroutière, comme un simple outil de gestion de la congestion. Il doit devenir un moyen structurant de bâtir la ville et de lier les secteurs entre eux.
Transports viables au cœur du développement urbain
Il est grand temps de développer le réflexe des transports collectifs et actifs dans notre approche pour bâtir la ville. Cela signifie de revoir l’ordre de priorité des modes de transport. Penser d’abord aux piétons: sur de faibles distances, la marche doit devenir le mode de déplacement habituel de tous! L’aménagement des rues doit donc être conçu d’abord en fonction des piétons. Un quartier vivant, c’est un milieu de vie complet, où tout peut se faire à pied: aller à l’école, à l’épicerie, à la pharmacie ou au centre communautaire.
Le vélo, plus efficace sur les distances moyennes, doit faire l’objet d’une attention particulière pour assurer la sécurité et la convivialité de sa pratique. Les infrastructures requises sont légères: des voies cyclables deux fois moins larges que celles utilisées par les voitures sur les grands axes, de nombreux supports sécuritaires à proximité des services. Le développement du vélo en libre-service ouvre aussi la porte à la généralisation de ce mode de transport, qui s’impose comme un des modes à privilégier dans l’optique de développer la mobilité durable.
Chaque projet d’envergure doit aussi être implanté en considérant l’offre de transport collectif: existe-t-il un parcours d’autobus fort, tel qu’un Métrobus, à proximité, ou est-il encore possible d’inclure une station au projet? Finalement, les autorités municipales doivent orienter les nouveaux développements en fonction du transport collectif. L’implantation d’une ligne de tramway ou d’un autre transport en site propre représente une occasion de redévelopper les zones desservies.
Au final, la voiture ne doit pas envahir l’espace public, mais y être invitée et civilisée. Lorsque l’on pense mobilité durable, ce ne sont pas les considérations de fluidité de la circulation et de disponibilité du stationnement qui dictent l’aménagement des quartiers et des rues. La ville est alors construite autour des gens, non de l’auto.