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Réaction d’Accès transports viables au Plan de mobilité durable de la Ville de Québec

L’avis d’Accès transports viables sur le Plan

Des cibles stimulantes de part modale pour le transport collectif

La cible proposée dans le Plan de mobilité durable :

Doubler, d’ici 2030, la part modale du transport collectif, c’est-à-dire la proportion des déplacements effectués en autobus ou autre moyen de transport en commun, en la faisant passer de 10% à 20%. Il faudrait donc au bas mot doubler l’achalandage actuel du transport en commun, voire plus en raison de l’accroissement de la population et des déplacements par personne.

Une cible qui nous apparaît audacieuse. Pour l’atteindre, il faudra améliorer le transport en commun sur l’ensemble du territoire et à toute heure du jour, notamment en multipliant les parcours de type Métrobus à plusieurs endroits dans la ville. Le Plan de mobilité durable propose des stratégies de développement du transport en commun :

  • Un réseau hiérarchisé basé sur 4 composantes:
    • Réseau à haut niveau de service 5-15 minutes
    • Réseau intermédiaire 15-30 minutes
    • Réseau de proximité
    • Réseau rapide (express)
  • Un réseau de tramway de 28,6 km: une telle augmentation commande presque assurément l’implantation d’un mode de transport plus performant que l’autobus.

2030 nous apparaît un cadre temporel acceptable puisque les moyens pour réaliser ces cibles sont assez longs à mettre en place : achat de plusieurs centaines d’autobus, construction de nouveaux garages, construction d’un tramway…

Une vision du tramway qui doit être analysée et comparée pour en garantir le succès

La vision proposée dans le Plan de mobilité durable :

Un réseau de tramway de 28,6 km, principalement imaginé pour stimuler le développement urbain. Il s’étendrait de la Rive-Sud à D’Estimauville en passant par l’axe de Charest. Une seconde ligne relierait la 41e rue à la colline Parlementaire, avec croisement des deux lignes dans Saint-Roch.

Une vision d’avenir stimulante, mais il manque beaucoup de données sur le tracé pour être convaincu de sa viabilité, une analyse comparative est essentielle :

  • La desserte des futurs éco-quartiers D’Estimauville et de la Pointe-aux-Lièvres, ainsi que le site d’Expo-Cité sont des points forts du tracé proposé.
  • Une analyse complète du potentiel de requalification des secteurs sur Charest est requise afin de déterminer si cette opération est possible et combien de temps elle prendra à se réaliser.
  • Il est essentiel de faire des projections d’achalandage afin que le tramway réponde le mieux possible aux besoins de déplacement de la population. Contrairement au projet présenté par le RTC en 2003, nous ne disposons d’aucune donnée sur l’achalandage éventuel de ce tramway dans le Plan de mobilité durable.
  • Quel impact le tramway aura-t-il sur les parcours existants et sur la rentabilité du réseau d’autobus sachant qu’il sera nécessaire de conserver des Métrobus en Haute-Ville pour y desservir les nombreux utilisateurs du transport collectif?
  • Ce réseau dessert-il de manière adéquate les différents secteurs de la ville notamment en première couronne de banlieue?

La marche, le vélo, une faiblesse du Plan

Ce qui se trouve dans le Plan de mobilité durable :

À l’exception de scénarios pour un lien cyclable sur le boulevard René-Lévesque, le Plan de mobilité durable de la Ville ne comporte pas de mesures concrètes pour favoriser la marche ou le vélo. Des principes intéressants sont énoncés, mais aucun moyen de les mettre en œuvre n’est évoqué dans les recommandations
  • Des mesures concrètes comme le déblaiement prioritaire des trottoirs, l’allongement de la saison d’ouverture des pistes cyclables, l’encadrement plus sévère du virage à droite au feu rouge à proximité des écoles et établissements de santé et bien d’autres mesures auraient pu figurer dans le plan.
  • Au plan du vélo: où en est la mise en œuvre du PDRC, quels sont les points les plus problématiques sur le territoire de la ville? Un bon portrait de la situation aurait permis de mieux cerner les priorités.
  • Le boulevard René-Lévesque devrait être considéré dans la perspective de l’implantation d’un boulevard vert. Ceci implique de réfléchir à l’implantation d’un tramway comme moyen de réellement accroître la capacité de l’artère.

Prioriser les projets de transport collectif sur le développement routier

La mise en œuvre du plan passe par l’implication soutenue des élus, des différents services de la Ville et du ministère des Transports. L’ordre habituel des priorités devrait être inversé, les projets de transport en commun et de transport actifs devront être privilégiés :

  • Au niveau des ressources financières: des millions de dollars sont dépensés annuellement sur les routes de la région et de nouveaux projets routiers sont sans cesse annoncés. Peut-on rééquilibrer les investissements?

Au niveau de l’occupation de l’espace public : pour qu’ils soient efficaces, le transport en commun et les transports actifs ont besoin de voies de circulation. Un partage plus équitable des routes est nécessaire.


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