Dans les années 1990, les parcours Métrobus 800 et 801 ont été créés pour desservir les trois corridors les plus achalandés en transport en commun de la Ville. Ils se voulaient une solution intermédiaire entre l’implantation d’un système léger sur rail et l’autobus régulier. Le succès du service a été considérable. Aujourd’hui, pour répondre à la demande, des autobus doivent circuler à deux minutes d’intervalle en période de pointe. Ces lignes, où transitent entre 40 000 et 50 000 passagers par jour approche de la saturation. Le passage à un mode plus performant, le tramway est devenu nécessaire.
La demande est acquise
La demande de transport dans l’axe des Métrobus 800-801 justifie déjà l’implantation d’un mode de transport lourd. La modélisation des déplacements obtenus grâce aux données des Enquêtes OD permet d’établir que plus de 56 000 déplacements quotidiens en transport collectif s’effectuaient à moins de 500 mètres de l’éventuelle ligne de tramway en 2006. L’achalandage quotidien des deux Métrobus avoisine d’ailleurs 45 000 passagers jours en 2008. C’est entre la gare de Sainte-Foy, le Trait-Carré et D’Estimauville que la densité des déplacements par kilomètre est la plus forte.

Québec se compare déjà avantageusement à des villes déjà dotées de Systèmes Légers sur Rail (SLR) . L’implantation d’un mode de transport en site propre entraîne généralement un accroissement important de la clientèle. À terme, l’achalandage quotidien du réseau de tramway passerait de 50 000 à 80 000 passages par jour, le plaçant dans le peloton de tête en Amérique du Nord et dans la moyenne française.

Étendre le tramway à l’échelle régionale
Certains choix sont essentiels pour assurer la cohérence d’un réseau de transport dans une région comme Québec. Le plus important nous apparaît d’inclure la Rive-Sud au réseau de tramway de Québec. Des milliers de travailleurs transitent quotidiennement sur les ponts pour passer de Lévis à Québec ou l’inverse. C’est sur les ponts que la congestion routière est la plus sensible à Québec et la contrainte du fleuve rend quasiment impossible l’augmentation de la capacité routière (il est difficile d’ajouter des voies à un pont). L’avenue du transport collectif doit être empruntée pour transporter plus de gens entre les rives en réduisant la congestion.
Les exemples de Laval ou de Longueil, qui sont reliés à l’île de Montréal par une ligne de métro, montrent comment un mode de transport à forte capacité peut être bénéfique et permettre l’émergence de pôles dynamiques. Il est souhaitable de prolonger la ligne de tramway du boulevard Laurier jusqu’à la tête des ponts dans le secteur de Saint-Romuald dès l’implantation de ce mode de transport à Québec. Ce secteur est idéal pour aménager un pôle d’échange avec un stationnement incitatif et un terminus pour les autobus de la STLévis. L’implantation d’un tramway sur le pont de Québec permettrait d’augmenter significativement la capacité du pont. Ce mode de transport utilise beaucoup moins d’espace par passager que l’auto, ce qui lui permet de transporter plus de gens par voie et ainsi de réduire la congestion.
* Une voiture occupe environ 10m2 d’espace et transporte un maximum de 5 passagers, soit 2m2 par passagers. La moyenne de passagers par voiture à Québec est de 1,2 ce qui signifie qu’en moyenne chaque passager occupe 8,3m2. Un tramway transporte jusqu’à 4 passagers par m2 soit 33 fois plus qu’une voiture pour un espace équivalent.
Le tramway pour consolider la ville
Un tramway à Québec permettrait de consolider les axes desservis:
- Diminuer la congestion sur le boulevard Laurier.
- Améliorer l’environnement urbain sur le campus de l’Université Laval.
- Désengorger la colline parlementaire.
- Donner une image moderne et technologique au quartier Saint-Roch.
- Servir d’impulsion à la revitalisation du secteur d’Estimauville.
- Améliorer la qualité de vie dans Limoilou.