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Le tramway: colonne vertébrale

Dans les années 50, les anciens réseaux de tramway, qui existaient dans la plupart des villes, ont été démantelés au profit du développement des routes et autoroutes pour la voiture. Québec n’a pas échappé à cette vague et a démantelé ses nombreuses lignes de tramways qui avaient été construites depuis 1898.

Ce mode de transport s’est toutefois imposé à nouveau comme un incontournable depuis les années 1980. Cette nouvelle génération de tramways modernes est plus performante, confortable et s’apparente davantage au métro qu’aux anciens « p’tits chars » qui sillonnaient les rues il y a un siècle. C’est aujourd’hui un mode de transport à la fine pointe de la technologie qui combine la rapidité et la capacité tout en s’intégrant harmonieusement aux rues et boulevards. Les villes de Nantes et de Strasbourg en France, ou de Portland aux Etats-Unis, permettent de constater la transformation positive que l’implantation de ce mode de transport apporte à une région.

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Caractéristiques du nouveau tramway

Cette famille de mode de transport porte plusieurs noms, dépendamment de la manière dont il est configuré et du milieu où il circule. À titre d’exemple: on préfère tramway lorsque qu’il est implanté dans un contexte urbain dense sur les rues, Système Léger sur Rail (SLR) quand ses voies aménagées sur une emprise à part, ou métro léger lorsqu’il circule dans un tunnel.

  • Un véhicule, appelé un rame, compte de 3 à 5 wagons et transporte de 200 à 300 passagers.
  • Le tramway circule sur des rails installés le plus souvent sur une plateforme protégée de la circulation automobile, que l’on appelle un site propre.
  • Il roule à une vitesse maximale qui se situe entre 50 et 70 kilomètres à l’heure, et sa vitesse commerciale (comprenant tous les arrêts) est plus élevée que celle de l’autobus. À Québec, le RTC estime qu’un tramway serait 16% plus rapide que les Métrobus et maintiendrait une vitesse commerciale de 25km/h.
  • Ce mode de transport est plus fiable: comme il a sa voie prioritaire, il ne prend pas de retard en raison de la congestion automobile.

Le tramway offre aussi un plus grand confort aux usagers:

  • L’embarquement se fait par plusieurs portes larges, au même niveau que les quais et sans marches à gravir.
  • Il est facilement accessible aux aînés, aux personnes à mobilité réduites et aux poussettes.
  • Le guidage par des rails offre une conduite souple, sans freinage brusque ou changement de direction rapide.
  • Il est silencieux et émet moins de bruit qu’une automobile.

Le tramway est un mode de transport idéal pour les villes de taille moyenne où il peut jouer le rôle du métro dans les grandes agglomérations. C’est un mode de transport qui a une grande capacité. Une voie de système léger sur rail peut transporter autant de passagers qu’un boulevard urbain de quatre voies : il permet de transporter plus de gens dans les secteurs névralgiques de la ville et stimule le développement.

capacitedesmodes

Bien que le coût initial requis pour doter une ville d’un tramway soit important, cette infrastructure est durable. Les rames de tramway peuvent servir pendant 30 ans, plus du double de la durée de vie d’un autobus. La plateforme où reposent les rails est également très résistante. Contrairement aux routes, elle n’est pas affectée par l’orniérage, le dégel et les nids de poules. À long terme, l’investissement initial requis pour un tramway est rentable.

Changer le visage de la ville

L’implantation du tramway commande d’importants travaux d’infrastructures. Toutes les conduites souterraines doivent être déplacées pour éviter un bris qui pourrait interrompre le service. L’ampleur de ces travaux explique une bonne partie du coût qui se situe entre 25 et 40 millions de dollars par kilomètre de voie. Ces travaux s’avèrent par contre l’occasion de moderniser les infrastructures souvent vieillissantes et de revoir la géométrie de rues. L’implantation d’un tramway s’accompagne généralement d’un réaménagement “de façade à façade” qui se traduit par une plus grande convivialité, des places publiques et des rues plus agréables:

  • Rénovation des rues et élimination des « nids de poule ».
  • Plantation d’arbres et de verdure.
  • Amélioration des trottoirs et des voies cyclables.

Le tramway, par son design et l’image de modernité qu’il véhicule, contribue à embellir la ville et à lui donner une identité distinctive:

  • Symbole de dynamisme et de développement durable.
  • Rails et fils électriques discrets.
  • Design du tramway unique à chaque ville.

Un moteur de développement économique

Le tramway est également utilisé pour stimuler le développement de secteurs à revitaliser dans les villes et il renforce l’attractivité du transport collectif par son image dynamique. Le caractère fixe, voire inflexible, de ce mode de transport offre l’avantage de la permanence : il attire donc les investissements dans les zones qu’il dessert. Ce mode de transport augmente la valeur des propriétés desservies. Cela se traduit par une augmentation des revenus de la ville, qui tire profit de ce système de transport. En 2003, le C.R.A.D. de l’Université Laval estimait à 8,6 millions de dollars par an les retombées fiscales de l’implantation d’un tramway à Québec.

L’implantation du tramway soutient la vitalité économique de la ville:

  • Meilleure accessibilité aux commerces et services.
  • Extension du bassin de clientèle.
  • Augmentation du chiffre d’affaires des commerces des secteurs desservis.
  • Création d’emplois.

Quelques mythes à défaire

L’hiver?
Il faut se rappeler que le Tramway existait il y a plus de 50 ans à Québec. Déjà à cette époque, il fonctionnait l’hiver et partout les «p’tits chars» se débrouillaient. Pourquoi, si le Tramway pouvait rouler il y a un demi-siècle, il ne fonctionnerait pas aujourd’hui ?

Les innovations technologiques ont permis d’optimiser le fonctionnement du Tramway en hiver. Des archets (qui alimentent le Tramway en électricité) prévus à cet effet peuvent maintenant enlever le verglas sur les fils électriques. Aussi, les Tramways sont capables de déneiger leurs rails avec une efficacité surprenante. Ils peuvent enlever jusqu’à 20 cm de neige par heure. Aucun autre véhicule urbain ne peut en faire autant. S’il y a de telles précipitations à Québec, le Tramway risque d’être le seul moyen de transport encore fonctionnel.

Les côtes?
Les Tramways modernes peuvent monter et descendre des pentes avec des dénivellations de 8 %. La majorité des côtes de Québec ont moins de 8 %, donc, pas de problème à les gravir! La côte d’Abraham, qui est la pente la plus importante sur le trajet anticipé du Tramway, a une dénivellation de moins de 8 %, ce qui permet au Tramway de s’y déplacer. Ainsi, la ville de Québec n’a pas une géographie incompatible avec la construction d’un Tramway. Et il ne faut pas oublier que l’ancien Tramway de Québec assurait déjà le lien Haute-Ville et Basse-Ville!

La ville est-elle assez grosse?
Québec est plus peuplée et possède une densité comparable à des villes où fonctionne déjà le Tramway. En comparant les corridors des Tramways (à 500 mètres du tracé du Tramway), on constate que le tracé de Québec possède une densité comparable et même un peu supérieure à plusieurs villes qui ont implanté avec succès le Tramway. Ainsi, un corridor où résident 125 000 personnes et où 100 000 personnes travaillent est plus que suffisant pour assurer la viabilité d’un Tramway à Québec.


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