La marche est universelle et incontournable, même les plus irréductibles des automobilistes se doivent de faire quelques pas pour se rendre à leur destination. Il s’agit du mode de transport le plus économique, autant au niveau des infrastructures (un simple trottoir) que du coût individuel d’utilisation (une paire de souliers!), et le plus écologique (émission zéro). Il favorise par ailleurs les interactions sociales en plus d’être bon pour la santé. Pourquoi encourager la marche? Pour plusieurs raisons faisant en sorte qu’aujourd’hui, nous nous retrouvons avec d’importants problèmes de santé publique et d’environnement reliés à l’inactivité physique et à la congestion routière.
Civiliser l’automobile
Avec le temps, l’espace de la rue a progressivement été cédé aux besoins de l’automobile et est maintenant réduit à sa seule fonction de voie de circulation. Le rôle social de la rue a complètement été évacué et elle est souvent insécurisante pour ses usagers non-motorisés. Il faut comprendre qu’un piéton est beaucoup plus vulnérable aux accidents graves ainsi qu’aux intempéries et sa capacité à parcourir de longue distance est très limitée. Pour que les boulevards, avenues et rues de Québec redeviennent agréables pour ses résidents, il faut civiliser l’automobile et arrêter de lui concéder tout l’espace public.
Des conditions gagnantes
Considérant les enjeux de la marche comme mode de déplacement, il faut poser des gestes afin de civiliser l’automobile et ainsi améliorer la situation des piétons:
- Aménager et entretenir de trottoirs larges, en toutes saisons.
- Accorder la priorité aux piétons aux intersections.
- Réviser la géométrie des rues afin de diminuer de manière effective les vitesses pratiquées.
- Créer des « zones 30 » dans les secteurs résidentiels.
- Utiliser des techniques d’atténuation de la circulation pour résoudre les problèmes de sécurité et de transit, notamment près des écoles.
- Revoir le partage de la voie publique en faveur des infrastructures de transports collectifs et alternatifs (trottoirs, pistes et bandes cyclables, voies réservées).
- Faire en sorte que les quartiers soient plus perméables par l’aménagement de liens piétonniers.
- Sensibiliser de façon soutenue pour améliorer la courtoisie des automobilistes.
La rue St-Joseph à Québec: une voie aménagée à échelle humaine

Source: Francis Vachon, www.quebecurbain.qc.ca
Le respect se traduit dans les aménagements urbains. On a qu’à penser à la rue St-Joseph, ici même à Québec, qui présente de larges trottoirs, pratiquement au même niveau que la chaussée, créant ainsi un sentiment d’égalité dans le partage de la voie. On y retrouve également du mobilier urbain à l’échelle humaine, permettant une ambiance propice à la marche et avertissant les automobilistes qu’ils ne sont pas prioritaires.